OGM
Actuellement, en location : l' exposition "Agriculture et Santé", pouvant accompagner une manifestation sur le thème des OGM.
La base de notre santé est une alimentation saine. Ce bien précieux est menacé.
Dans une plante génétiquement modifiée (GM) un "morceau d’information" d’un autre être vivant a été introduit : gène d’autre plante, de bactérie… Et on pense généralement, que si ce gène ne provoque pas de problème de santé quand il appartient à la plante donneuse, il n’a pas de conséquences, quand un homme, ou un animal absorbe la plante receveuse.
C’est une erreur. Car, en réaction à ce bouleversement, la plante réagit, par une modification de ses protéines. Il n’y a pas "équivalence en substance" entre une plante normale et une plante GM [1].La recombinaison génétique peut même réactiver des toxines, qui étaient bloquées dans la plante d’origine. [7]
Par ailleurs, des plantes GM, cultivées en plein champ, contaminent les autres plantes sans difficulté : car les plantes "terminator" ne rendent pas les pollens inactifs. La culture d’OGM en plein champ a pour conséquence de rendre inter-fécondables des plantes qui ne l’étaient pas. Les compagnies d’assurance le savent. Elles refusent de couvrir le risque de contamination croisée, qu’elles considèrent comme certain [2].
Au gré des modifications génétiques voulues et des contaminations croisées incontrôlées, provoquées par la culture d’ OGM en plein champ, nos aliments quotidiens vont donc contenir des protéines modifiées ; dont certaines seront incompatibles avec nos enzymes digestives.
L’ACTION DES ENZYMES
Pour construire notre corps au quotidien, les aliments doivent obligatoirement être traités par nos enzymes digestives qui les dégradent.
Nos enzymes ne sont pas prévues pour toutes les protéines inconnues. Certaines enzymes ont une très haute spécificité. La totalité des molécules de notre nourriture ne pourra donc plus être correctement traitée. C'est-à-dire que nous allons manger, sans rien remarquer, des aliments GM, qui auront un aspect et un goût normaux. Mais nos enzymes ne pourront pas en utiliser les protéines modifiées pour construire et entretenir notre corps.
Plus grave : on sait qu’absorber des protéines mal "dégradables" a des conséquences. Les souris nourries aux OGM ont des problèmes : poumons, reins, foie, sérum sanguin, problèmes de poids (les mâles maigrissant, les femelles grossissant...).
Pourquoi nos enzymes ne pourraient-elles dégrader correctement ces nouvelles protéines ? [3] Les enzymes ne pourront s’adapter à la totalité des aliments modifiés, car elles agissent comme une clef avec une serrure, en se clipsant parfaitement, un bref instant aux substrats (nos aliments). C’est pourquoi la nature nous a pourvus d’un bon stock d’enzymes : nous avons un joli trousseau de clefs. Mais ce n’est pas un passe–partout.
Certains substrats pourront avoir des conséquences aberrantes : des molécules alimentaires GM pourront avoir une structure leur permettant de se lier aux sites actifs de nos enzymes, mais induire leur inhibition. A l’inverse, d’autres molécules GM pourront provoquer une activation incongrue de nos enzymes et perturber l’équilibre cellulaire. Il pourra également y avoir dévalorisation de notre capital enzymatique, à la suite de liaisons aberrantes à l’ADN de certaines protéines, entraînant une modification de la transcription du gène codant pour l’enzyme.
CONSEQUENCES DIRECTES
Grâce aux patients atteints de déficience enzymatique, on a étudié les répercussions sur la santé de l’impossibilité d’action des enzymes sur certaines protéines. L’incapacité des enzymes à bien dégrader les aliments, à correctement "casser les protéines en petits morceaux", entraîne un rabotage au niveau de l’intestin grêle, dont la paroi ne peut plus "filtrer" correctement ce qui passe dans le circuit sanguin [4].
Des molécules mal dégradées circulent alors dans le sang, ce qui déclenche la maladie. Le corps cherche à se débarrasser des intruses, de différentes façons. Selon les individus, il crée des pathologies diverses : pathologies d’encrassage, lorsque le corps tente de stocker ces molécules dans certaines cellules ou dans certains tissus, au gré des affinités de structure. Pathologies cæliaques. Pathologies d’élimination (problèmes ORL à répétition, maladies de peau…) tentatives du corps pour faire sortir ce qui est passé par erreur dans le sang. Et, plus graves, car très invalidantes, les pathologies dites "auto" – immunes, certaines de ces molécules provoquant des réponses immunitaires et des réponses inflammatoires si fortes qu’elles s’attaquent aux structures porteuses.
Une étude sur des rongeurs, menée sur 10 ans par le CSIRO, le plus grand organisme de recherche publique d’Australie, illustre ce propos, et met bien en évidence les dégâts que peut causer UN SEUL OGM sur la santé. En effet, la totalité du groupe de souris nourries avec des petits pois GM, a réagi en présentant une réponse immunitaire (augmentation des anticorps dans le sérum sanguin).
Il serait très hasardeux d’essayer de faire changer la mécanique de haute précision de nos enzymes. C’est un équilibre remarquable, mais fragile.
Pour une bonne santé la seule solution consiste à n’introduire dans le corps qu’un minimum d’aliments auxquels nos enzymes ne sont pas adaptées.
Certains feront remarquer que les améliorations de plantes ne datent pas d’hier et que les paysans les ont toujours pratiquées tranquillement. C’était vrai. Mais récemment, les cultivateurs se sont vus retirer la maîtrise des semences. Et l’accélération de ces "améliorations", ces 50 dernières années, a déjà commencé à avoir des conséquences sur la santé. Par exemple, on dénombre une véritable explosion de personnes qui déclarent des pathologies en mangeant tout simplement du pain. Car celui-ci comporte à présent trop de protéines gluténine et gliadine pour le système digestif. En effet, sous la pression de l’industrie boulangère, les blés ont été "améliorés" pour devenir de plus en plus riches en gluten, donnant des farines plus élastiques, plus gonflantes [5] Mais qu’est-il advenu de la santé ?
Il faut savoir qu’on a mis très longtemps à repérer l’intolérance au blé (différente de l’allergie au blé, en progression constante également), qui touche à présent une personne sur 100 (étude épidémiologique réalisée dans 4 pays européens) [8]. Le problème est devenu tellement courant que des rayons entiers "sans gluten" sont apparus dans les grandes surfaces.
Les protéines de gluten "boostées " agissent comme on a vu plus haut, et les intolérants développent, au choix, l’une des pathologies décrites. L’histoire des protéines du pain est un bon paradigme de ce qui va se passer.
Mais, dans le cas de ces patients, on n’a affaire qu’à une ou deux protéines responsables, bien identifiées, et la parade au problème est simple : il suffit de supprimer la cause, c'est-à-dire cesser de manger du pain de céréales. Il est à noter qu’aucun médicament ne marche. Ces patients s’en sortent parce qu’il existe d’autres choses non modifiées à manger. L’éviction de l’aliment contenant les protéines responsables fonctionne, mais ces personnes ne sont jamais qu’en rémission. La réintroduction, même minime, de l’aliment les fait rebasculer dans la pathologie.
Mais qu’arrivera-il si les aliments à protéines aberrantes se multiplient, multipliant les causes d’intolérance ? Si, en l’absence d’étiquetage (0,9 % d’OGM toléré dans le « sans OGM » est un non-sens sanitaire), on ne peut pas identifier les protéines coupables, et qu’il n’existe plus de produits non contaminés de remplacement ? Les humains et les animaux, nourris aux OGM, présenteront un terrain inflammatoire chronique. Les femmes, au système hormonal plus complexe, seront les plus touchées. (Les USA ne peuvent être pris comme exemple d’innocuité. L’étiquetage des OGM n’existe pas là-bas. On ne peut pas les relier aux problèmes de santé).
Comment identifier la protéine causale d’une maladie, au sein de la multitude de protéines modifiées qu’un individu ingurgitera, en absorbant des OGM, mais aussi des plantes qui ne seront même pas répertoriées comme GM (mais qui en auront acquis les caractéristiques au gré du vent et des pollens)?
Qui échappera au problème ?
L’enjeu est gravissime. Car on doit ajouter les effets sur la santé des résidus d’herbicides DANS les plantes GM, dont beaucoup sont modifiées dans le but de tolérer (c'est-à-dire absorber sans mourir), les herbicides répandus dans les champs. D’autres sont transformées pour produire elles-mêmes de l’insecticide, dans toutes les parties de la plante, grains compris. Dans les OGM, on utilise même comme "marqueurs", des gènes de résistance aux antibiotiques.
La disséminations d’informations génétiques, par le vent, les virus, les bactéries du sol, autorisera la contamination génétique de l’ensemble du territoire. La culture d’OGM en plein champ, est une terrible erreur : des décideurs, incapables d’anticiper les conséquences de leurs décisions, modifient irréversiblement les choses avant de les avoir comprises. Il faut contraindre chaque acteur politique ou économique à anticiper les conséquences de ses actes en l’obligeant à en endosser la responsabilité.
Que peut-on faire ?
Prendre conscience, que nous sommes confrontés à un problème de santé publique comme on n’en a encore jamais vu (à cause de cette irréversibilité). Savoir qu’il est encore temps d’agir, si nous en avons l’intelligence, l’audace et le courage. Car les efforts que va demander la protection, ne sont rien, par rapport à la souffrance à vivre que nous allons éviter à nos enfants.
Admettre que l’on s’est trompé comme une preuve d’intelligence. Ne pas avoir peur de "rater le train de la science" qui est en train de dérailler, les intérêts privés ayant pris le contrôle des thématiques de recherche.
Traiter ce problème sans précédent en faisant preuve d’une créativité sans limite. Ne pas craindre de bouleverser notre société avec des solutions originales, car d’un autre côté, un choix désastreux la détruirait.
Ne surtout pas suivre comme des moutons, les pays d’Europe moins prévoyants. Ne pas partir battus en se résignant à la contamination par les pollens de leurs OGM.
S’opposer, en France, à cet agro-business irresponsable dont les "améliorations" ne marchent qu’un temps : aux Etats-Unis, on va jusqu’à abandonner des champs d’OGM aux super-mauvaises herbes qui ont acquis les gènes de résistance [2].
Il faut : développer rapidement un projet cohérent pour que la France devienne un conservatoire de BIO-SECURITE, en se protégeant des pays qui ont une vision de profit à court terme. L’argent de la recherche doit être utilisé pour la mise en place d’alternatives visant à une agriculture utilisant le moins de produits chimiques possible.
Nous devons cesser de toute urgence les importations d’OGM et refuser tout produit de consommation ayant la possibilité d’en contenir, même au-dessous du "seuil" d’étiquetage. Les consommateurs doivent réclamer des certificats écrits à leurs commerçants, aux fabricants, aux grossistes...
Prévoir des peines très lourdes pour ceux qui en planteraient (accusation d’empoisonnement et préméditation). Refuser toute plantation en plein champ, même les essais.
Trouver la parade aux pollens venant d’ailleurs : "pièges à pollen" ? Pollinisation anticipée par des abeilles chargées de pollens non contaminés venant de plantes sous serre ? Tests systématiques avec destruction des "mutants" et lois obligeant les détenteurs de brevets à indemniser agriculteurs et malades ? Désinfection des engins de transport et des voyageurs venant de pays contaminés.
Se doter d’outils de contrôle efficaces, et de contrôleurs par centaines, car les semenciers vendent leurs OGM "par erreur" afin de mettre les pays devant le fait accompli [2]. Responsabiliser et former les agriculteurs qui devront vérifier les semences : qu’ils redeviennent fiers de nourrir correctement leurs compatriotes.
Faire de notre choix un atout économique majeur,pour démontrer la viabilité économique de cette solution "santé". Créer une AOC "NON-OGM de France" et un label "plus bio que le bio européen". Vendre, dès à présent, à l’étranger, ces produits de qualité BIO-SECURISÉS, comme un trésor préservé. Nos terroirs, notre climat, nos agriculteurs, nous permettront de nourrir notre peuple le mieux possible.
Démontrer au monde que l’humanité n’a pas intérêt à "mettre tous ses œufs dans le même panier". Négocier avec les pays qui cultivent et consomment des OGM, des marchés d’aliments "propres", pour le futur, "en cas de problèmes". Faire des émules : que toute l’Europe devienne conservatoire de la Bio-sécurité.
Nous pouvons montrer l’exemple. Car le peuple français suivra ce projet avec cohésion et fierté : contrairement à d’autres peuples moins concernés, le français attache une grande importance à ce qu’il a dans son assiette ; il souhaite protéger sa santé et aime son indépendance.
A l’inverse, si nous faisons cette erreur irréversible, qui sera coupable de ce nouveau scandale de santé publique? Les producteurs agro-chimiques ne sont pas considérés comme responsables des dégâts causés par leurs produits (directive responsabilité). Les semenciers du GNIS manifestent contre toute présomption de faute à l’encontre des cultivateurs d’OGM. Les compagnies d’assurance refusent de couvrir la contamination croisée, car elles considèrent « le risque comme certain » [2]. Cette levée de boucliers des vendeurs eux-mêmes est la preuve que le danger est là.
Notre avenir sanitaire dépend donc des politiques. Certains, tous bords confondus, ont compris la gravité du problème. Qu’ils soient remerciés d’avoir tenté de faire passer la santé publique et la volonté des français avant tout.
Mais les firmes semencières et agro-chimiques sont devenues des lobbies, introduits au plus haut niveau. En déposant des brevets et des COV, sur les gènes et les modifications qu’elles infligent aux plantes vivrières, ces firmes recherchent la mainmise sur l’alimentation mondiale. Elles manipulent scientifiques et politiques. Les pressions, l’argent en jeu, la désinformation sont tels, que la santé n’est même pas mentionnée dans les tests de valeur, effectués pour inscrire de nouvelles variétés de semences au catalogue officiel. Le test VAT concerne la Valeur Agronomique et Technologique. Où sont les tests Santé qu’on serait en droit d’attendre ?
On ne peut pas non plus faire confiance aux "instances évaluatrices" européennes, donnant leurs avis-Santé et Environnement sous pressions, et n’ayant pas loisir de faire des tests sur la durée (30 ans pour révéler des intolérances... où serait le profit ?).
Devançant les lois, les firmes appliquent aux plantes d’autres technologies hasardeuses (fusion cellulaire, nanotechnologies, irradiation, sélection outrancière, biologies synthétiques, plastides transformés, microchromosomes artificiels...) qui échappent actuellement à toute évaluation ; et sont en passe de devenir la base de notre alimentation.
Quand on sait qu’une plante "stressée" se protège par la production de protéines. Qu’on ne peut pas prédire quelle molécule sera un allergène. Qu’il y a des allergies acquises. Que la prise de certains médicaments peut augmenter la quantité de protéines allergènes dans le sang (l’aspirine, par ex. accroît les taux de gliadine circulant). Qu’on ignore quels sont les individus qui seront séropositifs à ces allergènes. Que nos systèmes immunitaires sont déjà mis à rude épreuve par les pollutions installées... on se demande si l’urgence n’est pas plutôt d’évaluer ce qui existe, pour tirer la leçon d’ "améliorations" inopportunes.
En s’arrogeant le droit de modifier irrémédiablement nos ressources alimentaires, les firmes agro-chimiques mettent en danger la vie. En supprimant le droit des peuples à se nourrir autrement qu’avec des plantes modifiées, elles se conduisent en véritables mafias. La législation européenne n’est plus adaptée à ces débordements et ne garantit pas la Bio-Sécurité. Les européens sont exaspérés. Pour stopper la surenchère de ces améliorations sans fondements sanitaires, la seule solution est de supprimer les profits à court terme que les lobbies en tirent.
Pour garantir le droit des peuples à la santé, la législation communautaire doit être remaniée. L’Europe doit cesser de reconnaître COV et brevets sur les gènes et instaurer le classement des semences et des plantes vivrières comme Bien Commun Inaliénable, empêchant toute privatisation des gènes du vivant par des droits de propriété intellectuelle.
Sources : [1] C.Velot [2] D.Dron [3] Moussard [4] Isselbaker [5] Triptoleme [6] Seralini [7] Le Généraliste [8] INRA.
Version papier 2010 : numéro Spécial OGM du Centre d’Information sur l’Environnement et d’Action pour la Santé
ACTUALITE : en septembre 2011, Eric Meunier d'INF'OGM(external link) (un site vraiment à jour sur la question), exposait la dernière étude expliquant comment des ARN de végétaux peuvent influer sur le métabolisme des mammifères.
L'équipe du Pr. Zhang de l'Université de Nanjing (Chine) annonce avoir découvert que des molécules de plantes, comme le riz ou le chou, peuvent être actives chez des mammifères. Ces molécules sont des petites molécules d'Acide Ribonucléique, appelées ARN micro (ARNmi). Les ARN remplissent une fonction importante de régulateur dans les cellules et interviennent dans la synthèse de protéines.
Ces caractéristiques sont d'ores et déjà utilisées chez certaines plantes transgéniques (vigne GM de Colmar ou haricot GM autorisé au Brésil) ou à la base de la nouvelle technique appelée Méthylation de l'ADN. Après avoir détecté ces molécules dans le lait, le sérum sanguin (la partie « liquide » du sang) et des tissus de différents mammifères, les scientifiques ont établi que ces ARNmi ingérés par le biais de l'alimentation n'étaient pas totalement détruits par la digestion. C'est ainsi qu'une quarantaine d'ARNmi ont été retrouvés dans le sang de plusieurspersonnes, dont l'ARNmi MIR168a, présent en grandes quantités dans le riz.
Les scientifiques ont démontré que cet ARNmi est actif chez la souris en inhibant l'expression de certaines protéines. Pour les chercheurs, ces résultats démontrent que « des ARNmi végétaux présents dans des aliments peuvent réguler l'expression de gènes cibles chez les mammifères ».Ces résultats devraient sans aucun doute intéresser nombre de scientifiques ainsi que les experts en charge des demandes d'autorisations commerciales pour des plantes transgéniques. En effet, à l'heure actuelle, aucune analyse de ces ARNmi n'est effectuée par les pétitionnaires. Mais plus fondamentalement, ces résultats montrent que la vision de la biologie qui a prévalu pour la mise en place des plantes transgéniques (un gène – une protéine – une fonction) se complique au fur et à mesure que les connaissances scientifiques avancent. A l'image des phénomènes de régulation épigénétique du génome (des facteurs extérieurs – au sens large - influencent l'expression du génome sans que la séquence ne soit changée), ces résultats questionnent l'approche même des biotechnologies qui reposaient sur des dogmes simplistes, et plaident pour une approche systémique nécessairement plus complexe.
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